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Ipads, iPhones et autres smartphones ont un bel avenir devant eux. Ils sont même l’avenir d’internet, si l’on en croit le spécialiste du Web et professeur à l’Université de Berkeley, Manuel Castells. Selon lui, d’ici 2014, le nombre d’internautes sur terminaux mobiles dépassera celui des internautes qui surfent la toile à partir d’un ordinateur de bureau.

S’exprimant cette semaine devant la Royal Society à Londres, cet ancien conseiller de Barack Obama durant la campagne de 2008 a estimé que l’émergence des réseaux sociaux avait un impact « phénoménal » sur la société. Le nombre d’utilisateurs de ces médias de masse – 500 millions d’abonnés sur Facebook seul – n’est que la « pointe émergée de l’iceberg » de ce qu’il a qualifié comme la plus grande transformation sociale des dix dernières années.

« Technologie de liberté »

Pour ceux capables d’y accéder, l’internet est une « technologie clé de liberté », a assuré l’auteur de La Galaxie Internet (2003) et de Communication Power (2009).  Le débat sur la fracture numérique va se déplacer du terrain de l’accès pur et simple à internet  – d’ici 30 ans, la planète aura atteint une couverture quasi universelle – à la question de la qualité et la rapidité de la connexion disponible.

« La sociabilité croissante, le bonheur croissant, un sentiment croissant d’être autonome: tout cela est lié à l’usage d’internet. La chose la plus importante est que cela ne se fait pas de façon anonyme – ce sont de vrais gens faisant des choses réelles, partageant des choses. Ce ne sont pas juste des amis, ce sont aussi des contacts. Ils font des choses ensemble, ils ne se contentent pas de bavarder », a déclaré Manuel Castells.

« Les réseaux sociaux sont des espaces vivants. Les gens y partagent des choses avec un effort émotionnel limité. C’est un monde constamment relié qui évolue avec l’expérience humaine et les individus y choisissent les termes de leur co-évolution. Des entrepreneurs ont construits ces sites, pas des multinationales. La chose importante est que, même si les gens vont sur ces sites, ils ne peuvent pas y faire n’importe quoi. Les gens peuvent en créer un nouveau et y emmener avec eux tous leurs ‘amis’. Les barrières à l’entrée sont minimes, les investissements nécessaires en capital sont quasi nuls (…) Si demain Facebook devient hostile, les gens s’en iront ».

Castells, qui est aussi directeur de recherche à l’Internet Interdisciplinary Institute de Barcelone, estime que la liberté est consanguine des réseaux sociaux. Ils sont construits par des « entrepreneurs ». « Ce que vendent ces entreprises, c’est de la liberté. S’ils ne le font pas, les gens partent ailleurs. C’est ce qui est en train de transformer les mouvements sociaux et la politique ».

Et de rappeler que l’élection d’Obama en 2008 n’aurait sans doute pas été possible aux Etats-Unis sans l’avènement d’internet. Et qu’aujourd’hui,toujours aux Etats-Unis, le Tea Party exploite les mêmes recettes de campagne en ligne extrêmement efficaces…

Ces propos font écho aux commentaires de John Herlihy, chef des opérations mondiales publicité, chez Google, prédisant l’adoption massive des smartphones et autres terminaux légers et mobiles: « D’ici trois ans, les ordinateurs de bureaux seront dépassés », disait-il lors des conférences Digital Landscapes, en Irlande, en mars dernier.

Un marché en pleine explosion

Simple vue de l’esprit ? Pas si sûr lorsqu’on observe d’un peu plus près les chiffres des ventes. Il s’est ainsi écoulé 61,6 millions de smartphones au 2e trimestre 2010 (sur un total de 325,6 millions de téléphones mobiles vendus), soit une croissance de 50,5%. A ce rythme-là, ce marché devrait quadrupler d’ici 2014, prévoit ainsi le cabinet de conseil et d’analyse Gartner.

Les ventes de smartphones vont vite surpasser celles des PC. Fin 2013, prédisent les analystes de Gartner, il y aura 1,82 milliard de smartphones dans le monde, contre 1,78 milliard d’ordinateurs de bureaux. Conséquence de cette prédominance des terminaux légers et mobiles, le cloud computing devait continuer à s’imposer en entreprise et Facebook risque bien de devenir incontournable comme outil de réseau social.

Autre conséquence et pas des moindres, des centaines de millions de site internet vont être contraints de revoir le design de leur site internet pour s’adapter à des écrans plus exigus…